RÉDUIRE LE GASPILLAGE ALIMENTAIRE GRÂCE AUX BOVINS!

Le Québec est une province où on produit beaucoup de nourriture, autant dans nos campagnes que dans nos usines. Tous les jours, la province produit des tonnes de nourriture grâce aux denrées fournies par des agriculteurs. Du lait, du fromage, des biscuits, des légumes en conserves, de la bière, des patates congelées, etc. Des travailleurs de partout dans la province s’affairent chaque jour à rendre des centaines de produits disponibles aux consommateurs.

Inévitablement, tous ces processus de production engendrent des résidus. Pas des déchets, mais bien des résidus qui seraient destinés à être des déchets si on n’avait pas l’ingéniosité de leur trouver un ultime voyage sur nos fermes! On n’a qu’à penser aux pelures de patates, aux cosses des petits pois, à la drêche (qui est un restant de céréales issues du processus de brassage de la bière ou de la production de certains spiritueux) ou encore au lactosérum qui est un sous-produit inévitable dans la production de fromage. Grâce à la production de bœufs et de veaux, presque rien de ces matières ne se perd. Elles sont récupérées, de manière à ce que les bovins les transforment en viande. Pas question que personne ne gaspille une bouchée!

Effectivement, grâce à leurs quatre estomacs, les bovins sont pratiquement les seuls animaux d’élevage qui peuvent être nourris avec des sous-produits; un délice pour eux qui ne met aucunement à risque leur santé et bien-être. Du côté des producteurs de veaux, pas question de jeter le lactosérum produit par les transformateurs laitiers. Pendant que l’on se régale d’un bon fromage, les éleveurs utilisent ce sous-produit comme base du festin servi à leurs veaux!

Résultat : des tonnes de matière ne se retrouveront pas à l’enfouissement grâce à la production bovine!

Faits intéressants

Voici une liste non exhaustive de sous-produits de l’industrie alimentaire servis aux bovins du Québec :

  • Pelures de betterave, de carottes, de pommes de terre, etc.
  • Lactosérum
  • Chocolat
  • Drêche de brasserie
  • Drêche de distillerie
  • Légumes déclassés

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À QUEL POINT ÇA PREND DE L’EAU POUR PRODUIRE DU BŒUF AU QUÉBEC?

Pour produire du bœuf, il faut de l’eau. Pas mal d’eau. C’est un fait. Heureusement, la majorité de cette eau nous est naturellement fournie! Effectivement, 94 % de l’eau nécessaire à la production de bœuf provient… de la pluie! Cette eau est rendue disponible pour les prairies dans lesquelles les bovins vivent et se nourrissent ainsi que pour les champs dans lesquels on produit des grains pour compléter leur alimentation au besoin. Elle y tomberait, qu’on y produise du bœuf ou pas!

Dans les 6 % restants, 3 % sont utilisés pour le traitement des eaux usées et il reste 3 % « d’eau du robinet », principalement utilisée pour l’abreuvement des animaux et le nettoyage des usines de transformation de la viande. Quand on parle ici « d’eau du robinet », il s’agit de l’eau qui est puisée d’une manière ou d’une autre (ex. aqueduc, puits, source naturelle, etc.). Selon la norme internationale, c’est uniquement cette eau que l’on doit considérer lorsqu’on souhaite analyser la consommation d’eau nécessaire à la production d’un aliment.

Au Québec, environ 432,7 litres d’eau « du robinet » que l’on nomme « eau bleue » sont nécessaires pour produire un kilogramme de bœuf prêt à la consommation. Aux États-Unis, c’est grandement supérieur. C’est entre 1 214 et 1 748 litres par kilogramme… vif! C’est à dire, encore loin de l’assiette! Dans tous les cas, ça peut sembler énorme, mais si on compare avec la production d’amandes, il faut 3 158 litres d’eau, majoritairement bleue, pour en produire 1 seul kilogramme ! La viande de bœuf, en tant que protéine, est donc largement plus performante en ce qui a trait à sa consommation d’eau.

Faits intéressants

Au Québec, la pluie et la neige suffisent pour produire la nourriture des bovins de boucherie. Pour une grande partie de leur vie, ces animaux sont élevés au pâturage, c’est-à-dire directement dans des champs de foin qu’on appelle des pâturages.

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LES BOVINS, DE SI GRANDS PRODUCTEURS DE GAZ À EFFET DE SERRE QUE ÇA?

De façon générale, l’élevage de bovins est associé à une empreinte carbone supérieure à celle d’autres animaux destinés à la consommation. C’est-à-dire qu’elle produit plus de gaz à effet de serre (GES). C’est un fait. Mais est-ce que réduire notre consommation de bœuf et de veau bénéficierait à lutter contre les changements climatiques? Oui. Certes. Si on considère que toute activité agricole a un impact sur l’environnement. Cependant, pour en avoir une bonne idée, il est intéressant de bien comprendre la proportion de responsabilité de la production bovine au Québec.

Au Canada, un chiffre est clair pour connaître la proportion d’émission de gaz à effet de serre de la production bovine : l’inventaire national tenu par Statistiques Canada. Qu’est-ce qu’un inventaire? Dans un magasin, c’est l’addition des produits toujours disponibles à la vente dans un magasin donné. Ex. : Si un épicier a 100 cannes de petits pois à vendre au début de la semaine et qu’à la fin de la semaine il lui en reste 80, logiquement, il en a vendu 20 (ou elles ont été jetées, car elles étaient brisées, elles ont été volées ou autre – dans tous les cas, on dit qu’elles ne font plus partie de l’inventaire). Dans le cas des bovins, tant que le bovin est en vie, la majeure partie de ses émissions de GES font partie de l’inventaire national.

Quand on calcule les émissions de gaz à effet de serre des animaux, comme les bovins, on prend en considération l’évaluation des gaz produits par un animal (dans le cas des bœufs et des veaux, les émissions de gaz à effet de serre sont particulièrement liées aux rots et aux flatulences de l’animal lorsqu’il digère sa nourriture) et on le multiplie par le nombre total de bovins au Canada. Ça donne l’inventaire des gaz à effet de serre associés à la production bovine. Selon les données d’inventaire du Canada, la production bovine dans son ensemble est responsable de 1,2 % du total des émissions de GES. Vous avez bien lu. Comparativement, le transport est responsable de 42 % des émissions de GES au pays. De quoi favoriser son vélo au lieu de se passer d’un bon steak canadien ou québécois quoi!

Faits intéressants

La production canadienne de bœufs est deux fois moins polluante qu’ailleurs dans le monde. Elle affiche effectivement l’une des plus faibles productions de GES, soit 50 % de moins que la moyenne mondiale.

Faits intéressants

Les éleveurs de bovins québécois ont réduit leurs émissions de gaz à effet de serre de 20,9 % entre 2014 et 2021 et ils continuent de s’améliorer!

Faits intéressants

Analyse de cycle de vie vs inventaire : deux méthodes de calcul incomparables

Une autre manière de calculer les émissions de gaz à effet de serre d’un secteur est d’effectuer ce qu’on appelle une « analyse de cycle de vie » du produit. C’est-à-dire, de prendre en considération les émissions associées à sa fabrication, son utilisation et sa fin de vie utile. Par exemple, avec cette méthode, des scientifiques ont constaté que l’élevage de tous les animaux pour l’agriculture, toutes races confondues, représente 12 % des émissions de GES mondial. Du côté du transport, cette donnée n’est pas disponible. On sait toutefois que l’inventaire des émissions de GES qui sortent des pots d’échappement de divers véhicules représente 15 % de l’inventaire mondial. On se doute que le chiffre serait pas mal plus élevé si on s’attardait à la vie entière d’une voiture par exemple!

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POUR ÉLEVER DES BOVINS, ÇA PREND DE L’HERBE

On dit de l’herbe, mais ce qu’on veut dire, c’est un mélange de sortes d’herbes!

Oui, pour élever des bovins, ça prend beaucoup d’herbe qu’on retrouve dans les champs, soit une variété de plantes qui se régénèrent d’année en année. Toutes des plantes sans intérêt pour nourrir les humains, mais délicieuses et nutritives pour des animaux que les humains pourront consommer par la suite!

Cette végétation, on la retrouve dans des prairies. Au Québec, ce sont des surfaces destinées à l’agriculture qui, la plupart du temps, ne pourraient pas supporter des cultures destinées à l’alimentation humaine. Effectivement, c’est difficile de penser faire un champ de carottes ou de soya dans la plupart des prairies, par exemple, car la terre ou le climat n’y est souvent pas propice. Donc, la production de bovins de boucherie s’insère naturellement dans plusieurs de nos régions.

Grâce à une gestion rigoureuse du mouvement de leurs animaux sur ces surfaces, les éleveurs s’assurent que ces prairies dureront pendant des générations. C’est alors que ce territoire agricole entre en symbiose avec la biodiversité en devenant l’habitat naturel de plus de 1 000 espèces de plantes, d’animaux et d’insectes, et ce, tant qu’on y élèvera des bœufs, et non des maisons! De plus, au Québec, on a de la place en masse et des territoires à perte de vue, ce qui fait qu’on ne coupe pas d’arbres, ou très peu, pour nos élevages.

Du coup, l’élevage de bovins au Québec est un partenaire clé de notre biodiversité.

Faits intéressants

À l’été 2023, une enquête menée auprès des producteurs de bovins a documenté pour la première fois les pratiques favorables à la biodiversité en production bovine. Premier constat : des centaines de gestes sont posés aux quatre coins du Québec! Le sondage a permis d’observer entre autres que près de 80 % des répondants qui possèdent des prairies font la rotation des pâturages, une technique régénérative qui permet d’améliorer la santé des sols et de maintenir la biodiversité. Plus de la moitié des producteurs sondés accueillent aussi au sein de leur ferme des nichoirs à oiseaux, des dortoirs à chauve-souris ou des ruches d’abeilles. Certains vont même jusqu’à planter des arbres, modifier leurs techniques de fauche de foin pour protéger les oiseaux ou participer à des projets de conservation de la nature.

En échange de ce coup de pouce, la faune et la flore rendent de précieux services aux producteurs : la pollinisation des plantes, le contrôle des espèces nuisibles, la réduction de l’érosion des sols ou l’amélioration de la qualité de l’eau. Voilà comment se traduit au quotidien le partenariat avec la biodiversité!

Dans les prairies québécoises, on retrouve tout particulièrement des mélanges de trèfle, de luzerne et d’avoine-pois. Ces plantes pérennes qui durent d’une année à l’autre et qui sont entretenues d’année en année par les bovins (qui les fertilisent continuellement), développent un système racinaire impressionnant qui permet d’emmagasiner du carbone.

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